Glande parotide et parotidectomie : ce qu''il faut savoir
La parotide est la plus volumineuse des glandes salivaires, située devant et sous l'oreille. Toute tuméfaction persistante dans cette région doit être examinée par un ORL : la majorité des tumeurs parotidiennes sont bénignes, mais seul un bilan permet de l'affirmer.
Quand consulter pour la parotide ?
- Une boule indolore devant ou sous l'oreille, qui augmente lentement de volume.
- Un gonflement douloureux au moment des repas (évocateur d'une lithiase salivaire).
- Une paralysie ou une faiblesse d'un côté du visage associée à une masse : signe d'alerte imposant une consultation rapide.
- Une masse dure, fixée, avec des ganglions du cou.
Le bilan diagnostique
Il associe l'examen clinique complet (palpation, test du nerf facial, examen de la cavité buccale), une échographie cervicale, souvent une IRM des glandes salivaires, et parfois une cytoponction à l'aiguille fine. L'IRM précise la taille, la localisation superficielle ou profonde de la lésion et ses rapports avec le nerf facial.
Pourquoi opérer ?
La plupart des tumeurs parotidiennes sont des adénomes pléomorphes : bénins, mais susceptibles de grossir et, à long terme, de se transformer. L'exérèse chirurgicale est donc le traitement de référence. Elle est également indiquée en cas de tumeur suspecte, de lithiase ou de sialadénite chronique invalidante.
Comment se déroule la parotidectomie ?
- Anesthésie générale, hospitalisation de 1 à 3 jours.
- Incision en avant de l'oreille prolongée dans le pli du cou, dissimulée dans les plis naturels.
- Repérage et préservation du nerf facial, temps clé de l'intervention, guidé par un monitorage per-opératoire.
- Exérèse partielle (parotidectomie superficielle, la plus fréquente) ou totale selon la localisation de la tumeur.
- Analyse anatomopathologique systématique de la pièce opératoire.
Les suites opératoires
Un drain est laissé 24 à 48 heures. La zone reste engourdie plusieurs semaines, notamment le lobe de l'oreille. Une faiblesse transitoire de la commissure labiale est possible et régresse le plus souvent en quelques semaines à quelques mois. La reprise du travail intervient en général après 2 à 3 semaines. Les résultats définitifs de l'analyse et la suite de la prise en charge sont expliqués lors de la consultation post-opératoire.
Questions fréquentes
Une boule devant l'oreille est-elle grave ?
Dans la majorité des cas il s'agit d'une tumeur bénigne, mais toute tuméfaction persistante plus de trois semaines doit être explorée par un ORL.
Les tumeurs de la parotide sont-elles cancéreuses ?
Environ 80 % des tumeurs parotidiennes sont bénignes, l'adénome pléomorphe étant le plus fréquent. Le diagnostic définitif repose sur l'analyse de la pièce opératoire.
Quels examens sont nécessaires avant l'opération ?
Une échographie, très souvent une IRM, parfois une cytoponction. Le scanner est réservé à certaines situations (lithiase, extension osseuse).
Le nerf facial risque-t-il d'être touché ?
Le nerf facial traverse la glande : il est repéré et préservé pendant l'intervention. Une faiblesse temporaire est possible dans 10 à 30 % des cas ; une paralysie définitive est rare et concerne surtout les tumeurs malignes envahissant le nerf.
Combien de temps dure une parotidectomie ?
Entre 1 h 30 et 3 heures selon l'étendue de l'exérèse et la localisation de la tumeur.
Combien de jours d'hospitalisation ?
Généralement 1 à 3 nuits, le temps de retirer le drain et de surveiller la cicatrice.
La cicatrice est-elle visible ?
Elle suit le pli devant l'oreille puis le pli du cou. Elle est discrète et s'estompe en 6 à 12 mois avec une protection solaire rigoureuse.
Qu'est-ce que le syndrome de Frey ?
Une sudation ou une rougeur de la joue déclenchée par les repas, liée à une repousse nerveuse aberrante. Elle est peu fréquente et le plus souvent modérée ; des traitements existent si elle est gênante.
Vais-je manquer de salive après l'intervention ?
Non. Les autres glandes salivaires compensent largement ; il n'y a pas de bouche sèche après une parotidectomie unilatérale.
Une lithiase salivaire nécessite-t-elle toujours une chirurgie ?
Non. Beaucoup de calculs sont traités médicalement, par massage, sialagogues ou gestes endoscopiques. La chirurgie s'adresse aux formes récidivantes ou obstructives.
Y a-t-il un risque de récidive ?
La récidive d'un adénome pléomorphe est rare quand l'exérèse est complète. Un suivi clinique régulier est néanmoins recommandé.
Faut-il un traitement complémentaire en cas de tumeur maligne ?
Le dossier est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire, qui peut proposer une radiothérapie complémentaire et un curage ganglionnaire.
Pour un avis spécialisé, prenez rendez-vous au Cabinet ORL Rochefort Océan. Voir aussi Chirurgie des glandes salivaires.
