Apnée du sommeil : questions fréquentes
Retrouvez ci-dessous les questions les plus fréquemment posées à nos ORL sur ce sujet. Pour une vue d'ensemble médicale, consultez notre page dédiée : Apnée du sommeil.
Qu'est-ce que le syndrome d'apnées du sommeil (SAHOS) ?
Le syndrome d'apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) est une pathologie chronique caractérisée par des arrêts respiratoires répétés pendant la nuit, liés à la fermeture des voies aériennes supérieures. On parle d'apnée à partir de 10 secondes d'arrêt du flux respiratoire. Ces événements fragmentent le sommeil, diminuent l'oxygénation du sang et retentissent au long cours sur le cœur, le cerveau et la vigilance diurne. Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil (polygraphie ventilatoire ou polysomnographie).
Quels sont les symptômes de l'apnée du sommeil ?
Les principaux symptômes de l'apnée du sommeil sont un ronflement quotidien et intense, des pauses respiratoires constatées par le conjoint, un sommeil non réparateur, une somnolence diurne, des maux de tête matinaux, des troubles de la concentration et de la mémoire, une baisse de la libido et parfois une envie fréquente d'uriner la nuit. Chez la femme, la fatigue chronique et les insomnies sont souvent au premier plan. Toute association de ces signes justifie une consultation ORL.
Comment savoir si je fais des apnées du sommeil ?
Deux questionnaires d'auto-évaluation permettent d'estimer votre risque : l'échelle d'Epworth mesure votre somnolence diurne (un score supérieur à 10 est anormal) et le score STOP-BANG évalue le risque de SAHOS (score ≥ 3 = risque intermédiaire, ≥ 5 = risque élevé). Ils ne remplacent pas le diagnostic médical. En cas de score anormal ou de symptômes évocateurs, une polygraphie ventilatoire nocturne est prescrite pour confirmer et quantifier les apnées.
Comment se déroule une polygraphie ventilatoire ?
La polygraphie ventilatoire est un enregistrement du sommeil réalisé à domicile, indolore et non invasif. L'appareil, remis en consultation, comporte quelques capteurs : lunettes nasales pour mesurer le flux, sangles thoracique et abdominale, oxymètre au doigt et micro pour le ronflement. Vous dormez chez vous une nuit entière puis rapportez l'appareil au cabinet. L'analyse mesure l'index d'apnées-hypopnées (IAH), la saturation en oxygène et la position, et permet de graduer la sévérité (léger, modéré ou sévère).
Quelle est la différence entre apnée légère, modérée et sévère ?
La sévérité du SAHOS est définie par l'index d'apnées-hypopnées (IAH), c'est-à-dire le nombre d'événements respiratoires par heure de sommeil. On parle d'apnée légère entre 5 et 15 événements/h, modérée entre 15 et 30, et sévère au-delà de 30. La désaturation en oxygène et le retentissement clinique (somnolence, hypertension, comorbidités) sont également pris en compte pour décider du traitement le plus adapté.
L'apnée du sommeil est-elle dangereuse pour la santé ?
Oui, non traitée l'apnée du sommeil augmente significativement le risque d'hypertension artérielle résistante, d'accident vasculaire cérébral, d'infarctus, de troubles du rythme cardiaque, de diabète de type 2 et d'accidents de la route liés à la somnolence. Elle altère également la qualité de vie, la mémoire et l'humeur. Un traitement adapté (PPC, orthèse ou chirurgie) permet de réduire ces risques cardiovasculaires et de restaurer un sommeil réparateur.
La PPC est-elle le seul traitement de l'apnée du sommeil ?
Non, la ventilation par pression positive continue (PPC) est le traitement de référence des apnées modérées à sévères, mais d'autres options existent. Les règles hygiéno-diététiques (perte de poids, éviction de l'alcool, sommeil sur le côté) sont proposées en première intention dans les formes légères. L'orthèse d'avancée mandibulaire, la chirurgie ORL ciblée (septoplastie, chirurgie vélaire, base de langue) ou la stimulation du nerf hypoglosse peuvent être indiquées selon l'anatomie et la sévérité.
L'orthèse d'avancée mandibulaire est-elle efficace ?
L'orthèse d'avancée mandibulaire (OAM) est un dispositif buccal porté la nuit qui avance légèrement la mâchoire inférieure pour dégager les voies aériennes. Elle est efficace dans les apnées légères à modérées et constitue une alternative à la PPC quand celle-ci est mal tolérée. Elle nécessite une consultation ORL, une empreinte dentaire et un suivi. L'efficacité, contrôlée par une polygraphie sous orthèse, est bonne dans 60 à 70 % des cas bien sélectionnés.
Quel médecin consulter pour une apnée du sommeil ?
L'ORL est le spécialiste de référence pour le bilan d'une apnée du sommeil : il examine l'anatomie des voies aériennes supérieures (nez, palais, amygdales, base de langue), prescrit et analyse la polygraphie ventilatoire, et propose le traitement adapté. Selon les cas, il travaille avec un pneumologue (mise en place de la PPC), un dentiste (orthèse), un nutritionniste ou un cardiologue. Votre médecin traitant reste au centre du parcours de soins coordonnés.
L'apnée du sommeil est-elle prise en charge par la Sécurité sociale ?
Oui, la consultation ORL, la polygraphie ventilatoire, la PPC et l'orthèse d'avancée mandibulaire sont remboursées par l'Assurance Maladie sous conditions. La PPC nécessite un index d'apnées-hypopnées supérieur à 30/h, ou entre 15 et 30/h avec somnolence sévère ou comorbidité cardiovasculaire. Le remboursement est conditionné à une observance minimale (≥ 4 h par nuit). Une reconnaissance en affection de longue durée (ALD) est possible en cas de complications associées.
L'apnée du sommeil peut-elle guérir ?
L'apnée du sommeil est une pathologie chronique, mais elle peut être significativement améliorée voire disparaître dans certaines situations. Une perte de poids importante (10 à 15 % du poids corporel), la correction chirurgicale d'un obstacle nasal ou d'une hypertrophie amygdalienne, ou le traitement d'une pathologie associée peuvent réduire ou faire disparaître les apnées. Dans la majorité des cas, elle nécessite un traitement au long cours et un suivi régulier pour maintenir un sommeil de qualité.
L'apnée du sommeil est-elle héréditaire ?
Il existe une composante familiale à l'apnée du sommeil, liée à des particularités anatomiques héritées (morphologie du visage, taille du cou, forme de la mâchoire, hypertrophie des amygdales). Le risque est plus élevé chez les personnes ayant un parent au premier degré atteint. D'autres facteurs, non génétiques, s'y ajoutent : surpoids, tabac, alcool, ménopause, âge. Un dépistage familial est recommandé lorsque plusieurs cas sont présents dans une même fratrie.
👉 En savoir plus sur la pathologie : Apnée du sommeil.
